Genesis
     
Genesis
1992 (extrait)
Genèse d’une œuvre ...

"Quarante-cinq photos, dans toute la force du noir et blanc, du jeu des ombres et des lumières qui tombent des hautes fenêtres de l’atelier, éclairant des scènes figées dans l’instant de la création. Comme un geste immobile, comme le moment où s’arrête le temps. L’instant aussi d’où l’on ne pourra plus revenir en arrière, lorsque l’airain en fusion refroidit, durcit et se fige dans le moule, épousant ce corps que l’on a imaginé... de l’intérieur, en creux ; que l’on a dessiné, structuré de treillis métallique, habillé de bandelettes, comme on devait vêtir les corps des pharaons embaumés, durci avec du plâtre avant d’y couler le métal. Vieux travail de démiurge. Antique alchimie de l’art.

Ces quarante-cinq photos sont exposées à Bougue (...). Elles sont le reflet de la genèse de l’œuvre d’un sculpteur dans l’œil d’un photographe. L’art saisi par l’art et l’artiste peu visible, presque aussi caché que l’autre artiste qui photographie son travail et la progression de celui-ci. Une façon, peut-être, de dire que l’important, c’est l’œuvre et que l’œuvre est tout entière dans le geste qui la crée. Le sculpteur, c’est Mauro Corda. L’œuvre, c’est le monumental torero de bronze (celui dont tout aficionado a rêvé, peu importe son nom) qui fait son paseo immobile devant les arènes du Plumaçon. Le photographe, c’est Jean Luc Cormier, qui fut bibliothécaire avant de devenir libraire, puis un maître de la photographie. L’histoire est celle d’une rencontre entre ces deux artistes." J.-F. M.
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