Hors Champs JeanLuc Cormier
Hors Champs

Photos

1993 (extrait)

"Le champ photographique, on le sait, est défini comme l’espace représenté dans la matérialité de l’image et constitue l’expression pleine de l’espace de la représentation photographique. Or, la compréhension et interprétation du champ visuel présupposent toujours l’existence d’un hors-champ, qui serait contigu et qui le soutiendrait. Les formes de représentation du hors-champ dans le domaine de la photographie et leurs significations peuvent être fort variées. La représentation photographique dominante, que nous pourrions mettre en relation avec le paradigme de représentation classique, offre un champ visuel fragmentaire, mais qui cache, en même temps, sa nature discontinue au moyen d’un effacement des traces énonciatives. Ceci se fait pour que le spectateur ne perçoive pas la nature artificielle de la construction visuelle. Le paradigme classique se fonde sur la construction d’une impression de réalité, plus accentuée que dans d’autres moyens audiovisuels tels le cinéma ou la vidéo.

Dans une interprétation ou lecture de la représentation photographique, le hors-champ et l’absence sont des éléments structuraux. C’est ce qui se passe également dans le domaine de la représentation filmique.
Indépendamment d’autres réflexions, il est évident que les objets ou les personnages peuvent « pencher» vers le hors-champ, ce qui entraîne une implication mutuelle par contiguïté. Par ailleurs, les miroirs, les ombres, etc. sont des éléments qui se situent directement au niveau du hors-champ.

L’image projetée définit un espace filmique qui est la portion d’espace imaginaire reconstituée par le spectateur. Il est constitué du champ et du hors champ. Le champ est la portion d’espace imaginaire qui est contenu à l’intérieur du cadre. Le hors-hamp est l’ensemble des éléments (personnages, décors, etc.) qui, n’étant pas inclus dans le champ, lui sont néanmoins rattachés imaginairement, pour le spectateur, par un moyen quelconque. Il est essentiellement lié au champ, puisqu’il n’existe qu’en fonction de celui-ci."
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